Zoom sur les produits ultra-transformés : et si on se mettait plutôt en cuisine ?

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Zoom sur les produits ultra-transformés : et si on se mettait plutôt en cuisine ?

Bientôt les vacances, peut-être pour vous l’occasion d’un changement d’air, de région… et également de découvrir des spécialités locales !

Alors profitez en pour vous ressourcer et vous préparer de bons petits plats, cuisinés à base de produits frais et locaux, et ainsi découvrir de nouvelles saveurs…




Et si c'était le moment de changer vos habitudes ? Une bonne occasion de dire stop aux aliments ultra-transformés !

En bas de page, vous trouverez des conseils généraux pour les éviter : cliquez ici.

Et si cela vous intéresse et que le terme "
Ultra-transformés" vous paraît barbare...  
Alors c’est parti, lisez ceci !

 
 
Les aliments ultra-transformés : définition

La notion d'aliment ultra-transformé est relativement récente. Elle a été notamment mise en avant en France par le Dr Anthony Fardet (1) (chercheur à l'INRA de Clermont-Ferrand).

La nutrition s’est longtemps focalisée en majorité sur les contenus des produits en gras (lipides), sucres (glucides) ou leurs apports en vitamines/minéraux, sans prendre en compte l’impact des procédés industriels de transformation des aliments (NB).
Or, à ce jour, plusieurs études ont été publiées et démontrent que les opérations de transformation des matières premières alimentaires, souvent complexes et multiples pour un produit, peuvent avoir un impact sur la santé.

 
Mais comment savoir ce qu'est un aliment ultra-transformé ?
 
Classification des produits transformés : la Classification NOVA 

Pour cela, un outil a été mis au point : il s’agit d’une classification réalisée par une équipe de recherche brésilienne dirigée par Carlos Monteiro (2). 
Cette classification dénommée NOVA (il s’agit bien de son nom, et non d’un acronyme) a pour objectif de nous aider à différencier les aliments selon leur degré de transformation industrielle, et a été reconnue par divers organismes*.


La classification : décryptage 

Elle est composée de 4 catégories :
  • 1- Aliments frais (non transformés) ou peu transformés : 
Les aliments non transformés correspondent aux aliments directement issus des plantes ou des animaux (par exemple : légumes, fruits, œufs, lait) qui sont commercialisés sans altération après leur prélèvement dans la nature.
 
Les aliments peu transformés correspondent aux aliments subissant des procédés très simples dont le but est uniquement de permettre d’améliorer leur stockage et leur conservation, ou de diminuer leur temps de préparation.
On peut citer par exemple les opérations de lavage, tri, parage (retrait des parties non comestibles), découpage ainsi que les opérations permettant de conserver les produits (comme la réfrigération, la congélation, la pasteurisation ou encore l’emballage sous vide).
 
 
La caractéristique principale de cette catégorie est qu’aucune substance n’a été ajoutée au produit. 
 
Quelques exemples : 
- Les fruits, légumes, légumineuses frais, séchés, ou congelés
- Les jus de fruits frais ou pasteurisés sans sucre
- La viande piecée et conditionnée (emballée ou mise sous vide)
- Les œufs frais ou en poudre
- Certains produits laitiers comme le yogourt nature ou le lait pasteurisé
- Le riz, les pâtes
- Les boissons telles que thé, tisanes, café et les
eaux de source et eaux minérales 

 
  • 2- Ingrédients culinaires transformés  : 
Les ingrédients culinaires transformés correspondent à des substances extraites à partir des produits de la catégorie précédente qui subissent des traitements supplémentaires (pressage, raffinage …), et dont le but est d'obtenir des ingrédients qui pourront être utilisés pour cuisiner et assaisonner des plats faits maison.
 

Quelques exemples : 
- Les condiments
- Le sucre et le sel de table
- Les amidons, le miel et le sirop d’érable
- Les graisses animales (le beurre, la graisse d’oie)
- Les huiles végétales

 
  • 3- Aliments transformés : 
Les aliments transformés sont des produits relativement simples fabriqués essentiellement avec des aliments des catégories 1 et 2 (donc naturels ou peu transformés) auxquels ont été ajoutés des ingrédients comme du sel, du sucre, de l’huile ou encore du vinaigre. Le but de ce traitement est d’améliorer la conservation des produits non ou peu transformés mais surtout d’augmenter leur durée de vie ou de modifier leurs qualités organoleptiques.
 

Quelques exemples :
- Les fromages
- Les aliments fumés ou salés (poisson, jambon) sans ajouts d'additifs alimentaires
- Les Conserves (légumes, fruits, légumes secs, sardine et thon) et compotes de fruits avec ajout de sucre uniquement
- Les pains réalisés à partir d’ingrédients utilisés pour les préparations culinaires (farine de blé, levure, eau, sel, sucre, beurre)
- Les boissons alcoolisées telles que le vin, le cidre ou encore la bière
 
  • 4- Aliments hautement transformés (ou ultra-transformés) : 
Les aliments hautement transformés sont des produits élaborés avec des recettes industrielles (que l’on dénomme communément "formulations" en industrie) qui allient plus de 4 ou 5 ingrédients ainsi que des étapes et techniques multiples de transformations (procédés). 
 
La finalité est ici est de mettre au point des aliments et boissons prêts à l’emploi, dont l’objectif est d’offrir des caractéristiques de praticité, de facilité pour les consommateurs (aliments prêts à consommer, à réchauffer), avec des conditions de conservations facilitées (durée de vie allongée), mais également avec une forte attractivité (on dit communément qu’ils sont palatables : ce 
terme définissant le caractère agréable d’un aliment).  
 
Ces produits sont typiquement consommés sous forme de repas rapides, de snacks et
offrent une solution de repas rapide avec peu de contrainte
... Mais à quel prix pour notre santé ? 

 
Ces produits sont généralement très riches en énergie (sucres ajoutés, matières grasses), également riches en sel et ils peuvent comporter un grand nombre d’ingrédients (peu utilisés lorsque l’on cuisine chez soi) comme des additifs alimentaires, des amidons modifiés et/ou des huiles hydrogénées. 
 
Quelques exemples : 
- Les confiseries, biscuits, gâteaux, crèmes glacées, compotes de fruits avec additifs 
- Les céréales du petit déjeuner, les barres de céréales
- Les saucisses, jambons avec additifs
- Les spécialités prêtes à consommer, congelées ou non (nuggets de poulet, poisson pané, poêlées de légumes…) 
- Les chips, les snacks divers et variés (biscuits apéritifs, pizzas surgelées ou non, croque monsieur…)
- Les pains et produits de boulangerie avec ajout de substances non utilisées dans les préparations culinaires (graisses végétales hydrogénées, les protéines de lait) et additifs (émulsifiants…)
- Les préparations rapides d'emploi de types gâteaux, soupes en sachets, nouilles instantanées, sauces et vinaigrettes
- Les substituts du sucre, édulcorants, sirops (sauf sirop d’érable 100%)
- Les boissons comme les boissons gazeuses, les jus sucrés et produits laitiers sucrés, les boissons énergisantes

Les limites de la Classification 


Comme toute méthode de classification, il est important de garder à l'esprit que celle-ci comporte des limites qui font parfois débat, en termes méthodologiques tant au niveau des résultats de catégorisation (exemple du miel).

 
Il faut donc relativiser ces données scientifiques et techniques, et, comme toujours faire primer le bon sens.
 
A noter également que bon nombre d'industriels agroalimentaire ont conscience de la nécessité de reformuler leurs produits, et s'adressent de plus en plus à des professionnels pour améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits.
 
Quels impacts sur la santé des produits Ultra transformés ?
L’offre en supermarché est aujourd’hui pléthorique concernant les produits ultra-transformés puisqu’ils représenteraient une part majeure de l’offre actuelle (des chiffres difficilement vérifiables de l’ordre de 80% ont été avancés sur certains rayons) et ce y compris dans les rayons spécialisés de type BIO, « végétariens » ou « diététiques » (surfant sur la mode des nouveaux produits transformés VEGAN et SANS GLUTEN…).
 
Ainsi, vous n’en aviez peut-être pas conscience mais en réalité, ils se retrouvent certainement souvent dans votre caddy puis votre dans assiette…

Dans ce cas, posons-nous la question : quelles conséquences sur notre santé l'ingestion (presque quotidienne) d'aliments hautement transformés, peut-elle avoir ?
 
Fort heureusement, on veille sur notre santé et de nombreuses études ont été réalisées sur le sujet.
L’une d'elles s'est intéressée plus particulièrement à l’association entre consommation d’aliments hautement transformés et l’apparition potentielles de pathologies (risques de cancers, troubles fonctionnels gastro-intestinaux), en se basant sur un important échantillon d'adultes français.
 
L'étude, appelée NutriNet-Santé (3), à été réalisée entre 2009 et 2017 à partir de questionnaires complétés via Internet par des participants (plus de 100 000). 
 
La conclusion des chercheurs, publiée dans la revue médicale britannique « British Medical Journal » (4), est la suivante :
"À notre connaissance, cette étude prospective a été la première à évaluer l'association entre la consommation de produits alimentaires ultratransformés et l'incidence du cancer, en se fondant sur l'étude d'une vaste cohorte avec une évaluation détaillée et à jour des apports alimentaires".
 
Au cours des 8 années de suivi, 2 228 cas de cancers ont été diagnostiqués et validés. 
Une augmentation de 10% de la proportion d’aliments ultra-transformés dans le régime alimentaire s’est révélée être associée à une augmentation de plus de 10% des risques de développer un cancer au global et un cancer du sein en particulier.
 
Il y a également 10% des participants qui ont déclarés via le questionnaire présenter un syndrome du côlon irritable (Irritable Bowel Syndrome ou IBS). Il semblerait ainsi qu’une augmentation de la consommation de produits ultra-transformés soit associée à un risque plus élevé de développer un IBS (5). 

Ces résultats constituent à ce jour une première piste de recherche, mais d’autres études sont naturellement nécessaires aujourd’hui pour confirmer ces éléments, mais surtout pour identifier les liens de causes à effets, et ainsi comprendre quelles caractéristiques spécifiques des aliments ultra-transformés seraient potentiellement mises en cause.
 
 
Ne pas perdre de vue que notre alimentation
doit nous apporter tout ce dont nous avons besoin.
Le but étant d’apporter les éléments nutritifs qui sont utiles, au profit de notre santé et de notre plaisir.
  • 1er conseil : 
Simple : se fier à la liste des ingrédients.

Même si elle n’est pas toujours simple à déchiffrer, c’est ce point qui en fait une source fiable.
Dites vous que plus vous serez perdu(e) dans des termes inconnus (additifs, termes techniques), moins l'aliment est recommandé pour votre santé.
  • 2eme conseil :
Prenez goût à choisir des ingrédients frais, locaux, de saison et à préparer de bonnes recettes équilibrées  maison : suivez le lien des recettes saines présentes sur le maigrir2000.
 
  • 3eme conseil :
Ne culpabilisez pas si vous consommez des produits Ultra-transformés (1), comme lorsque vous faites un écart plaisir.
Ayez confiance en vous.

Retenez que cela doit se restreindre à une consommation occasionnelle, reliée par exemple à des moments particuliers : un repas improvisé ou une soirée entre amis (coupe du monde ? match de rugby ?), un plaisir sucré isolé ? 
 
Mais , gardez en tête que :
 
- Adopter une alimentation la plus simple et diversifiée possible est le seul moyen d’avoir au quotidien tous les éléments pour nourrir votre corps 
- Aucun aliment naturel, simple ne doit être exclu (corps gras, produits laitiers…) sauf contre-indication stricte médicale
- Consommer des produits peu transformés et diversifiés est un gage de bonne santé 

 
  • 4 eme conseil :

Si vous avez besoin d’aide et que vous souhaitez être accompagné(e) et guidé(e) de façon personnaliséel'idéal est de vous rapprocher d'un nutritionniste afin de faire le point sur vos habitudes alimentaires.
Il sera à votre écoute pour vous conseiller sur votre alimentation afin de l’adapter à vos contraintes, votre mode de vie, et vos objectifs
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Notes :
NB : Un procédé industriel ou Process correspond à un enchaînement d’opérations technologiques permettant d’aboutir à un produit fini (comme par exemple la cuisson, la déshydratation, le prétraitement par friture...)

(*) reconnu par la FAO (ou Organisation pour l’alimentation et l’agriculture) qui est l’agence spécialisée des Nations Unies qui mène les efforts internationaux vers l’élimination de la faim) et la PAHO (ou Pan American Health Organization) est spécialisée dans l’amélioration et la protection de la santé)

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Sources et bibliographie : 
 
(1) Livre du Dr Anthony Fardet, "Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons Vrai."

(2) Monteiro CA, Cannon G, Moubarac JC, Levy RB, Louzada MLC, Jaime PC. The UN Decade of Nutrition, the NOVA food classification and the trouble with ultra-processing. Public Health Nutr 2018;21:5-17. http://dx.doi.org/10.1017/S1368980017000234 

(3) https://www.etude-nutrinet-sante.fr/ 

(4) https://www.bmj.com/content/360/bmj.k322 

(5) Schnabel L et al. Association Between Ultra-Processed Food Consumption and Functional Gastrointestinal Disorders: Results From the French NutriNet-Santé Cohort. Am J Gastroenterol. 2018 Jun 15.

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