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Le jeûne : détox ou intox ?

Plusieurs courants de pensées, adeptes de la "détox", prônent la pratique régulière du jeûne, qui aurait l'intérêt de "purifier" l'organisme.
Qu'en penser ?

 

Les aliments que nous consommons sont digérés, c'est-à-dire dégradés, coupés, grâce à différentes substances (enzymes, acides biliaires...) produits par nos organes digestifs (pancréas, foie...).

Les éléments ainsi obtenus par digestion sont :

  • les nutriments, nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme, qu'ils soients utilisés à des fins énergétiques (glucides, lipides), plastiques (protéines), mécaniques (fibres) ou métaboliques (vitamines, minéraux). Ils sont absorbés dans notre sang à travers la paroi de l'intestin. Une insuffisances d'apport en un ou plusieurs de ces nutriments induit au mieux un mauvais fonctionnement, ou un fonctionnement au ralenti de notre organisme, se traduisant par une fatigue généralisée, au pire des pathologies diverses et variées, comme par exemple la dénutrition protéino-énergétique (insuffisance d'apports en protéines et énergie) ou encore, bien plus rares de nos jours et dans nos contrées, des maladies liées à l'insuffisance d'apport en certaines vitamines (par exemple le scorbut chez les marins d'autrefois).
  • les déchets "résidus de digestion", qui sont éliminés quotidiennement dans les selles et les urines, comme par exemple l'urée.

Manger, c'est donc digérer, par conséquent produire des déchets.

Le jeûne, purificateur, se justifie donc ?.. Non, pas du tout !


Jeûner c'est, par définition, priver l'organisme d'énergie.

Or, l'organisme continue d'en dépenser, même en réduisant l'activité physique : les dépenses "incompressibles" que constituent la respiration, les battements cardiaques, la thermorégulation sont toujours là. C'est le
métabolisme de base.

Le corps, puisqu'il est privé de toute source extérieure, va aller chercher de l'énergie là où il peut : dans les réserves. C'est la
"néoglucogénèse" : fabrication de glucose à partir des protéines et des graisses.

  • En phase I (de la 12ème heure au 5ème jour) du jeûne : les protéines sont préférentiellement utilisées : c'est le début de la fonte musculaire, engendrant fatigue, baisse de tonicité, une légère diminution du métabolisme de base.
  • En phase II (à partir du 5ème jour), lorsque le jeûne se prolonge : les graisses sont cette fois majoritairement utilisées, entraînant une perte de poids globale. Les muscles sont un peu plus épargnés. La dégradation des graisses conduit d'un côté à la fabrication de glucose, de l'autre à celle d'un déchet de cette dégradation : les corps cétoniques.
     

Ces derniers peuvent provoquer des nausées, des troubles du rythme cardiaques.
Ils sont probablement à l'origine de l'état "euphorique" et de la diminution d'appétit décrits par les pratiquants du jeûne.

Au final, le jeûne aura forcément des conséquences sur l'organisme, plus ou moins graves selon sa durée :
un jeûne court (24h) provoquera un léger abaissement du métabolisme de base, en lien avec une petite fonte musculaire. La conséquence immédiate sera probablement un
"rattrapage" de l'apport énergétique via une consommation alimentaire augmentée les jours suivants la rupture du jeûne (donc potentiellement une légère prise de poids).
Un jeûne long provoquera un amaigrissement, portant sur la masse grasse, mais aussi sur la masse musculaire, entraînant un net abaissement du métabolisme de base.
Le rebond pondéral lors de la rupture du jeûne semble donc alors inévitable.


Enfin, pour ce qui est de l'objectif initial "purificateur" du jeûne, on peut en résumer l'action en considérant que jeûner revient en somme à échanger des déchets (digestion) contre d'autres déchets (corps cétoniques) !

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